Retour

Pourquoi le café de spécialité est-il plus cher ?

Histoire, Culture & Éthique

Introduction : Le choc des prix

Vous êtes devant l’étagère (ou votre écran) : d’un côté, un paquet de café industriel à 20 € le kilo. De l’autre, un sachet de 250g de café de spécialité affiché à 15 €. Le calcul est rapide : c'est presque trois fois plus cher.

Alors, s’agit-il d’un simple effet de mode ou d’une réelle différence de valeur ? Chez Pesette, nous croyons à la transparence totale. Pour comprendre ce prix, il faut ouvrir le paquet et regarder ce qui s'y cache vraiment : du temps, de l'éthique et une exigence de chaque instant.

1. La récolte : Une main-d'œuvre de précision

Dans l'industrie du café de commodité, on pratique le "strip-picking" : des machines secouent les arbres et ramassent tout ce qui tombe (cerises mûres, vertes, pourries, branches et insectes).

Le café de spécialité, lui, impose le "hand-picking".
Le geste : Des cueilleurs expérimentés passent plusieurs fois devant le même arbre pour ne ramasser que les cerises parfaitement mûres.
Le coût : Cela demande trois à quatre fois plus de main-d'œuvre, laquelle est (chez nos partenaires) rémunérée bien au-dessus des standards minimums.

2. La rémunération : Sortir du "C-Market"

Le prix du café industriel est indexé sur la bourse de New York (le C-Market). Ce prix est souvent inférieur au coût de production, plongeant les fermiers dans la précarité.

Le café de spécialité fonctionne différemment :
Le Direct Trade : Nos importateurs achètent le plus souvent directement aux fermiers.
La prime de qualité : Le prix est fixé en fonction de la note de dégustation (SCA). Plus le café est bon, plus le fermier est payé cher. En moyenne, un producteur de spécialité perçoit 2 à 4 fois plus qu'un producteur classique.

3. Le tri et l'exigence : Zéro défaut

Une fois récolté, le café de spécialité subit un tri drastique.
Le rebut : Sur 100 kg de récolte, une part importante est écartée car elle ne répond pas aux critères d'excellence (grains cassés, piqués, mal formés).
La rareté : Ce qu'il reste dans votre sachet sourcé par Pesette, c'est la crème de la crème. En éliminant les défauts, on élimine aussi l'amertume et les goûts de "brûlé" souvent présents dans les cafés bas de gamme.

4. La torréfaction artisanale : L'art du sur-mesure

Les grandes marques brûlent des tonnes de café en quelques minutes à très haute température pour uniformiser le goût (souvent pour masquer la mauvaise qualité des grains).

Chez un torréfacteur artisanal :
Précision : On torréfie par petites fournées (12 à 15 kg).
Perte de poids : Un grain de haute altitude perd environ 15 à 20 % de son poids en eau pendant une torréfaction lente. C'est une perte sèche pour le torréfacteur, mais c'est le seul moyen de développer les arômes de caramel, de fruits ou de fleurs.

5. La fraîcheur : Un produit vivant

Le café de supermarché peut rester des mois en entrepôt, puis des mois en rayon. Il est "mort" aromatiquement bien avant que vous ne l'ouvriez.
Le café de spécialité est un produit de saison. Il est torréfié à la commande ou en flux tendu. Cette logistique plus complexe et plus rapide a un coût, mais c'est elle qui garantit l'explosion de saveurs dans votre tasse.

Conclusion : Le vrai prix d'une tasse


Si l'on ramène le prix au sachet à celui de la tasse, un café de spécialité vous coûte environ 0,40 € à 0,80 € par café.
C’est moins cher qu’une capsule en aluminium polluante et infiniment moins cher qu’un café médiocre en terrasse. En payant ce prix, vous n'achetez pas seulement une boisson : vous financez une agriculture durable, vous protégez la biodiversité et vous garantissez un avenir aux producteurs.

[Découvrez notre sélection de cafés éthiques et d'exception]

Continuer LA LECTURE
Lire tous les articles